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RÉFLEXIONS & TRANSFORMATIONS CULTURELLES

Écouter pour mieux accompagner l’autre dans une relation de mentorat

Depuis quelques années, avec Change Factory, nous imaginons, déployons et accompagnons des programmes de Reverse Mentoring.  L’objectif est de créer une réelle expérience collaborateur qui permette à l’acculturation numérique d’infuser profondément au coeur des entreprises. Je contribue à ces programmes , tant sur le contenu pédagogique que sur l’accompagnement des futurs mentors. 
Lors de ma précédente expérience professionnelle, il m’arrivait d’être mentor malgré moi. Car mon job consistait à vulgariser les enjeux, les codes et la “culture web” au sein d’entreprises engagées dans une démarche de transformation et d’intégration des enjeux des médias sociaux. 60% de mon travail consistait à écouter mes clients et à identifier le plus finement possible les zones d’insécurité dans lesquelles ils se plaçaient en s’engageant dans une dynamique de transformation culturelle, personnelle et professionnelle. 
Ces “zones d’insécurité” c’est ce que nous essayons d’identifier et déconstruire chez les mentors que nous formons avec Ophélie Ayouaz, Marielle Sicre-Galy et Loïc Perrin. 
Il est indispensable de déconstruire ces peurs et ces biais afin de donner toutes les chances aux collaborateurs de se nourrir pleinement de cette relation mentor/mentoré. Car le Reverse Mentoring interroge sur ses propres capacités à se mettre dans un rôle d’agitateur de curiosité. Suis-je capable de transmettre ? Suis-je légitime pour être mentor ? Voilà les questions les plus récurrentes auxquelles nous devons répondre. L’occasion pour moi de vous partager mon retour d’expérience “double-face”, d’un côté mon expérience de mentor et de l’autre, mon expérience en tant que formateur de mentors. 

Un univers bel et bien ouvert à tous et à toutes

Écouter ses propres peurs et questionnements
Il est tout à fait légitime d’avoir peur face à une situation nouvelle. Mettre des mots sur ces questionnements est la meilleure manière d’y répondre. Car en questionnant ses propres peurs, on s’autorise à ne pas y répondre de manière épidermique ou affective. 
Faire confiance 
Pour qu’une relation de mentorat soit la plus nourrissante possible, il y a un point fondamental et structurant : la confiance. Comment je peux transmettre si je n’ai pas confiance dans les capacités de mon.ma mentoré.e ? 
Se donner le droit d’être surpris par l’autre
Essayez de ne pas absorber trop d’informations inutiles sur votre mentor/mentorée. Plus j’ai d’information sur lui/elle, plus mon comportement et l’authenticité de ma démarche sera friable. Se donner le droit d’être surpris par l’autre, c’est s’autoriser également à surprendre l’autre.
Nourrissez l’autre, ne le gavez pas
Quand nous nous retrouvons dans une posture de transmission de connaissances, nous avons tendance à accumuler en pensant que “le plus est le mieux”. Mais avant de charger la barque, il faut apprendre à ramer et à naviguer sereinement sur cet océan de connaissances et informations que constitue la culture numérique.
Vous avez le droit de ne pas savoir
Nul n’est expert dans tous les domaines. Mieux vaut connaître un peu de tout sur tout que tout d’une seule et unique chose. Aujourd’hui, le volume de connaissances est quasi illimité et son accès instantané. Dire “je ne sais pas” c’est préserver la sincérité de votre démarche face à votre mentoré.e. 
Valorisez votre culture générale et numérique 
Si on s’autorise à dire “je ne sais pas”, il faut également être capable de valoriser les connaissances et les compétences que vous construisez sur votre temps personnel. Le temps que vous passez sur un réseau social n’est pas du temps perdu, essayez de trouver les raisons qui font que vous lancez Linkedin ou Twitter plusieurs fois par jour et vous trouverez un point d’accroche pour expliquer les réseaux sociaux et leurs impacts dans le quotidien pro ou perso. 
Illustrer par des exemples ancrés dans le quotidien
Il y a quelques années, j’ai mentoré une personne (un communiquant, mais assez hermétique à la technologie) pendant 6 mois sur l’intégration des médias sociaux comme nouveaux outils dans sa manière de travailler et de prendre la parole. Ma première difficulté a été de lui démontrer l’utilité de ces nouveaux outils. J’ai donc pris le problème à l’envers et pris le temps à l’observer travailler. Cette phase d’immersion dans sa réalité professionnelle m’a permis d’identifier des points de frictions qui freinaient son efficacité. Et les résultats furent rapidement visibles, car j’ai inséré ses nouvelles routines “numériques” lors des temps morts dans ses routines professionnelles l’aéroport, à la gare ou dans un taxi) qui laissent habituellement peu de place à la curiosité. Comprendre comment votre mentoré.e travaille permet de co-construire des objectifs réalistes. 
Mettez-vous dans la peau d’un sherpa
Vous connaissez la destination, vous connaissez la route, votre mentoré.e vous fait confiance pour attaquer son 8 000 mètres numérique. Gardez le cap sur votre relation mentor-mentoré.e et n’hésitez pas à être ferme dès que vous sentez que vous sortez du tracé et que vous faites fausse route. Ne négligez pas l’importance du feedback négatif conditionnel. 
L’importance du feedback
Le mentorat interroge l’autre sur des connaissances qu’il souhaite acquérir ou consolider, et il est fondamental d’encourager les petites réussites dans cette démarche d’apprentissage. Un feedback efficace doit dépassionner une situation conflictuelle et donner une perspective d’amélioration après une réussite.  Pour qu’il soit vertueux, un feedback se prépare, afin de permettre à celui qui le reçoit d’améliorer une action ou d’ajuster un comportement. 
Partager votre veille avec votre mentoré.e
La veille est une activité qui semble trop chronophage aux yeux des mentoré.e. Partager votre veille est une manière d’arroser les petites graines que vous plantez lors de vos échanges. Partagez les articles, actualités, films, documentaires, podcasts, comptes Twitter ou encore chaînes YouTube qui peuvent correspondre aux centres d’intérêt de votre mentoré.e. Partager cette veille montre à votre mentoré.e que vous l’écoutez et permet par la même occasion d’avoir un “ice breaker” pour votre prochain rendez-vous. 

(le conseil bonus)

Un dernier conseil pour la route : soyez vous-même et écoutez l’autre, il vous le rendra. Le mentorat est avant tout une aventure humaine, le numérique n’est que le prétexte. 

Karim Boukercha

Le prochain #MorningChange est dédié à l'e-sport. RDV le 6 décembre à Paris.

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