C’était le 9 avril 2020, 24ème jour de confinement. Christine Lagarde, Présidente de la Banque Centrale Européenne, s’exprimait sur France Inter. Elle discutait de l’avenir européen et du besoin de repenser la mondialisation telle qu’on la connaissait depuis ces trente dernières années. C’est une « affaire des sociétés qui doit se faire ensemble » disait-elle, pour faire des choix communs sur l’avenir, sur ce que l’on souhaite y voir. Et l’intrapreneuriat peut y aider !

L’avenir, élément incertain pendant la crise sanitaire liée au Covid-19. Mais une chose est sûre : il y aura un lendemain au Covid-19. Nous l’avons déjà commencé, et nous avons la responsabilité de le définir. Les entreprises se doivent de poursuivre leurs efforts de réponse aux besoins de changements structurels qui ont été mis en lumière pendant le confinement. Ces changements sont à opérer au niveau de la consommation, de la relocalisation de la production, des rapports sociaux et, bien évidemment, ils touchent tous les points mentionnés dans les 17 Objectifs de Développement Durables (ODD).  

Les entreprises françaises et mondiales doivent faire des choix pour la relance économique, et ces choix ne doivent aucunement nous forcer à revenir sur nos pas. Bien au contraire, il est essentiel de faire appel à l’expertise de tous les collaborateur·trice·s pour déterminer quels sont les choix utiles et comment les mettre en place dans une démarche juste et éthique. Et pour cela, l’intrapreneuriat est, et sera, un outil clé de tous les secteurs professionnels.

 

L’intrapreneuriat, vecteur de changement structurel et positif

D’abord, car l’intrapreneuriat secoue les acquis. Il permet une réflexion endogène et exogène sur son secteur d’activité et sur la diversité de ses possibilités. C’est la possibilité d’insuffler l’esprit d’entreprendre à l’intérieur d’une entreprise. En quelque sorte, il lui permet de créer des aérations et de renforcer ses fondations. L’intrapreneuriat permet à des collaborateur·trice·s, aux connaissances aigues du système dans lequel ils/elles évoluent, d’envisager de nouvelles possibilités d’action tant au niveau des process que des produits.

Il engage également la discussion sur le rôle de l’entreprise dans la société. Grâce à son parcours professionnel interne et ses intérêts personnels, un·e intrapreneur·e  se pose des questions pertinentes sur le rôle de son entreprise et sur la façon de pouvoir l’enrichir, la rendre plus juste et plus éthique. La crise sanitaire du Covid-19 remue les pensées sur notre rôle à jouer dans la fondation d’un monde meilleur et il est primordial de donner la parole à vos collaborateur·trice·s sur ce sujet. Ceux/Celles-ci connaissant la réalité de votre terrain, ils/elles sont donc sans doute déjà conscient·e·s des points d’amélioration possibles. Ils/Elles ne se contentent pas de poser les questions qui font mal, mais s’efforcent d’y trouver des solutions.

La relance économique devra également faire place à l’innovation, créatrice de richesses et de nouvelles possibilités de marché. La caractéristique première de l’intrapreneuriat est de la rendre possible en interne. Une fois encore, l’intrapreneur·e, fort·e de ses connaissances du système existant, pourra proposer des innovations structurelles qui pourraient ouvrir les portes à de nouvelles sources de revenus.

L’intrapreneuriat renforce la cohésion du groupe et nourrit les soft skills qui deviendront les leaders du secteur professionnel de l’après Covid-19.

 

 

Les softs skills comme la résilience, l’inventivité, l’agilité et le pragmatisme, ont révélé leur caractère essentiel pendant la crise du Covid-19

Au lendemain du confinement, il faut continuer de les cultiver.

 Un·e intrapreneur·e porte de multiples casquettes et jongle avec ses responsabilités : en tant que collaborateur·trice d’une équipe, et directeur·trice de son projet. Il/Elle développe une résilience particulière qui lui permet de répondre à toutes ses tâches et de maintenir les délais demandés par son manager et pour son projet.

L’intrapreneuriat favorise par définition l’inventivité. Le but est en effet d’accompagner les collaborateur·trice·s qui ont eu l’audace d’envisager la différence pour la transformer en opportunité, en projet pour l’entreprise.

Là où certain·e·s y voient des impossibilités, des acquis ou des obstacles, il est essentiel de cultiver l’agilité, l’ajustement et l’aptitude à rebondir pour découvrir de nouveaux chemins, plutôt que de se laisser bloquer par des impasses. 

Mener un projet pour l’entreprise, c’est voir ses idées challengées en permanence. Accepter les remarques, apprendre de l’expertise d’autrui, écouter les recommandations d’experts : développer ce sens du leadership pragmatique qui permet de surpasser les intérêts personnels pour la réussite d’un projet. 

Les qualités qu’on a pu voir se mettre en avant pendant la crise du Covid-19 devront être cultivées et valorisées chez les collaborateurs. La mise en place d’un projet d’incubation d’idées permettra à ceux/celles qui ont développé ces compétences pendant le confinement de continuer sur leur chemin et d’éviter la frustration d’un retour à une normalité hiérarchique et standardisée.

 

Percevoir son rôle et son entreprise sous un œil nouveau et renforcer la cohésion en son sein

Alors que le confinement a mis en lumière l’importance du lien social pour le bien-être des individus, il développe également l’importance du soutien de l’entreprise pour ses employé·e·s, son comportement, ses prises de décision au niveau des Ressources Humaines. Le maintien des talents, la marque employeur et la création de lien social sont des politiques RH qui peuvent être valorisées grâce à un programme d’intrapreneuriat. Lorsque l’individu rentre dans un programme d’incubation, il travaille, pense et innove pour son entreprise ; il constate l’accompagnement au changement opéré par les strates supérieures de sa hiérarchie, et il découvre également les éléments de friction face au changement. Il prend conscience des réalités du terrain interne et devient un éclaireur dans l’évolution progressiste de l’entreprise. Il défend le changement tout en comprenant l’existant. Il pense au futur tout en ayant conscience du passé et du présent. Il n’impose pas, il vit et explique les réalités.

Un·e intrapreneur·e comprend l’importance de son rôle au sein de son équipe, en tant que porteur·se de projet, et donc de changement, et le rôle que son entreprise a sur un environnement donné. Au lendemain du confinement et devant une crise de la légitimité attendue, il sera primordial pour les collaborateur·trice·s de pouvoir exprimer leurs besoins de changement, tant internes qu’externes, et de pouvoir sentir une confiance de l’entreprise dans leurs idées, dans leurs responsabilités et donc surtout dans leur utilité. L’intrapreneuriat renforce la cohésion : les autres collaborateur·trice·s s’intéressent, sont curieux de connaitre les projets de leurs pairs, de les voir évoluer et de pouvoir les aider. Les projets d’intrapreneur·e·s motivent le changement et le relationnel. Au lendemain du Covid-19, il serait opportun d’user de ce socle de bienveillance et de réflexion pour relancer les rapports internes et externes

Fluidifier les échanges d’expérience, d’expertise et de confiance en soi

 L’intrapreneuriat comprend un parcours pédagogique mis en place pour préparer les participant·e·s à penser comme des entrepreneur·se·s. Il forge le mental et développe leurs compétences pour aller au-delà de leur fiche de poste habituelle. Cet apprentissage nouveau n’est pas imperméable au reste des équipes de travail des l’intrapreneur·e·s. La transformation dans leur façon de penser, pragmatique et axée vers la réussite du projet dont ils/elles sont en charge, ainsi que leur confiance personnelle, rayonnent dans leurs échanges, qu’ils/elles soient avec des clients ou leurs collaborateur·trice·s. En plus des soft skills précédemment mentionnées, l’intrapreneur·se développe des hard skills comme la méthodologie du design thinking ou le principe du storytelling. Ces compétences développées restent applicables à de nombreuses autres situations professionnelles et permettent de rester centré·e sur les solutions plutôt que sur les problèmes. Or, l’après Covid-19 sera demandeur de cette expertise solutionniste pour permettre le développement d’opportunités et de nouvelles possibilités.

Enfin, il est primordial que nos sociétés agissent et réagissent pour ne pas rentrer dans une torpeur lancinante qui nous ferait retomber dans de mauvaises habitudes. Mauvaises habitudes qui nous ont conduit·e·s au réchauffement climatique, aux injustices sociales laissées impunies et aux inégalités trop nombreuses. L’après-Covid-19 se doit d’être une entreprise commune pour l’amélioration des conditions de tous. La mise en place d’un programme d’intrapreneuriat permet aux collaborateur·trice·s d’exprimer leurs idées pour faire avancer leur entreprise dans des sentiers encore inconnus. « Ce choix commun sur notre avenir » dont parlait Christine Lagarde doit également se faire à l’échelle des entreprises : permettre à vos équipes de penser l’avenir, selon les nouvelles demandes des clients, et l’intégrer dans votre secteur d’activité afin d’actionner votre potentiel économique de demain, juste et éthique.

 

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Marie Lepin est cheffe de projet à Change Factory ! Quand elle n’oeuvre pas à coordonner des programmes d’intrapreneuriat, cette foodie avouée travaille sur son projet de magazine photos ou se lance dans un running à travers Montmartre !