La Gen Z au sein de l’entreprise : décryptage

par | Fév 17, 2021 | Culture

La génération Z, encore ! Chaque nouvelle génération apparaît avec son lot de critiques mais surtout de challenges auxquels les organisations doivent faire face. Les Gen Z sont vus comme trop connectés, trop déloyaux… Mais ses membres vont bientôt entrer en force sur le marché du travail, posant la question de l’attractivité mais aussi de la rétention de ces nouveaux talents.

Le concept de génération est issu de la sociologie et s’inspire directement de l’idée des cohortes. Une cohorte désigne un ensemble de personnes ayant vécu des événements identiques, qui structurent donc leurs valeurs et leurs façons de pensée de manière similaire. Par exemple, La génération Y a été fortement marquée par le drame des attentats du 11 septembre, qui implique la fin d’une époque de sécurité pour entrer dans une période de conflit larvé et d’incertitude. De la même façon, la GenZ a ses propres marqueurs qui peuvent déterminer la façon dont ils vont se comporter, leurs valeurs et la nature de leur quête de sens sur le lieu de travail.

Gen Z et travail : débarrassez-vous de vos idées reçues

Dans un premier temps, il est important de prendre en considération la réalité de cette génération pour éviter toute forme de condescendance.

Idée reçue : La Gen Z est obsédée par la technologie

La génération Z est née avec les réseaux sociaux et les smartphones et maîtrise donc très bien ces technologies. Il est vrai qu’ils passent plus de temps sur leur téléphone que les générations précédentes, mais ils en ont également assez d’être mal considérés pour cette pratique.

Mais cela ne signifie pas qu’ils maîtrisent toutes les formes de technologie. Les études faites pendant le confinement font plutôt montre d’une grande inégalité dans la maîtrise des logiciels. La pandémie l’a prouvé, l’illéctronisme n’épargne pas les plus jeunes populations : savoir poster une vidéo sur Tiktok n’est pas la même chose que de savoir créer des matrices VBA sur Excel. Il est donc important de prendre en compte que la réalité qui se cache derrière un cliché est souvent plus subtile et complexe qu’on ne l’imagine.

Les populations les plus jeunes sont celles qui ont le plus souffert de l’absence des bureaux et de l’isolement en période de pandémie, ce qui a ajouté à leur angoisse. On aurait pu penser qu’ils auraient apprécié le distanciel total, mais que nenni !

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La génération Z a peur pour son avenir 

Les nouvelles générations sont souvent associées à un excès de confiance en soi. Dans le cas de la Gen Z, il semblerait plutôt que ce soit le contraire : trois jeunes sur quatre déclarent avoir ressenti un impact psychologique significatif (anxiété, dépression) depuis la pandémie. En effet, ils font partie de ces générations qui ont grandi en périodes de crise : écologiques, économiques, sociales… Ce qui les rend particulièrement attachés à la sécurité, qu’elle soit matérielle, émotionnelle ou mentale.

En conséquence, elle est partagée entre une peur de manquer qui la fait tendre vers un besoin de réalisation qui peut sembler consumériste, puisque la génération Z est à la recherche de sécurité financière (55% de la génération Z cherche avant tout un emploi bien rémunéré d’après le sondage Great Place To Work), mais aussi sa volonté de trouver un emploi en lien avec ses valeurs. 

Le génération Z est donc une génération complexe dont il est nécessaire de comprendre les besoins pour être certain de les attirer et de les retenir au sein de votre structure

La Gen Z et l’entreprise, une relation hybride et plurielle

Mais quels sont donc les éléments les plus marquants de cette génération Z concernant l’entreprise ?

Une sensibilité sociétale exacerbée

La Gen Z a une plus grande sensibilité sociétale que ses aînées, ce qui la pousse à se détourner des carrières traditionnelles dans des grandes entreprises. En effet, ces dernières n’ont pas de leur point de vue les engagements politiques, sociaux et éthiques qu’ils soutiennent. En effet, 8 jeunes sur 10 sont insatisfaits de l’engagement des marques en matière d’inclusion et de diversité. S’il semble évident que ces chiffres les concernent en tant que consommateurs, il ne faut pas oublier qu’ils sont également de potentiels collaborateurs et que la symétrie des attentions est plus que jamais importante.

Mais de quelles valeurs parle-t-on, allez-vous certainement me demander ? Nous en avons déjà évoqué deux : l’inclusion et la diversité sont des notions importantes, que l’on parle de genre, de racisme ou de handicap. De même pour l’écologie : les Z placent le développement durable dans leurs priorités.

Au-délà des aspects liés aux valeurs, la pandémie a renforcé le besoin de se sentir utile chez les jeunes populations (41% déclarent que le fait de se sentir utile aujourd’hui et à l’avenir leur donne un sentiment de sécurité émotionnelle.). Le bullshit job n’est pas un idéal pour la Gen Z, ce qui explique leur besoin de constamment apprendre et de remettre en question leur rôle et leur apport à la société.

Une génération tournée vers l’apprentissage continu

La Gen Z est en effet très tournée vers l’apprentissage et cherche de nouvelles expériences. Bien qu’étant une génération très diplômée, elle ne cherche pas à rester dans les cadres posés par leur parcours scolaire, ce qui était déjà un phénomène visible. Selon l’essayiste Elisabeth Soulié, ils ont tendance à rechercher des expériences variées plutôt que de construire une carrière structurée, ce qui explique un fort turn-over ainsi que la difficulté des entreprises à retenir les talents de cette tranche d’âge.

Cette notion d’apprentissage continu se confirme à travers leur utilisation de la technologie. En effet, les Z se sentent mal compris, voire méprisés, par les générations précédentes. Mais ils mettent en avant que leur utilisation des nouvelles technologies a de nombreux avantages, notamment un décloisonnement des savoirs qui les rend particulièrement flexibles et curieux, mais nuit également à leur capacité d’attention.

Il est donc important de garantir un système qui leur permette de satisfaire leur besoin d’être constamment en situation d’apprentissage. Proposer un système de formation attractif au sein de votre structure est un élément indispensable pour leur intérêt.

La Gen Z et la hiérarchie 

La Gen Z considère le monde de manière horizontale, ce qui sera aussi le cas dans l’entreprise. Sans parler de rejet, la génération Z ne comprend pas le concept de hiérarchie et préfère travailler de manière collaborative, ce qui va sûrement accentuer le passage vers la « gig economy », à savoir la multiplication des freelances. 

Les Z ont tendance à chercher en leurs managers des facilitateurs ou des coachs plutôt que des personnes dirigistes. Par exemple, ils sont 42% à vouloir participer à la prise de décision stratégique (étude Mazars), ce qui démontre une vraie volonté de se sentir impliquée et d’avoir du sens et de l’impact au quotidien. Il peut ainsi être utile de mettre en place des programmes qui favorisent l’intelligence collaborative mais aussi d’offrir la possibilité de gérer des projets, via l’intrapreneuriat par exemple.

Bien sûr, ces éléments ne s’appliquent pas forcément à l’ensemble des individus catégorisés « Gen Z ». Ces pistes de réflexion offrent la possibilité de travailler sur des axes de travail au niveau des Ressources Humaines pour continuer d’attirer de nouveaux talents et composer une culture d’entreprise adaptable et tournée vers l’avenir. Si vous souhaitez une formation plus complète, n’hésitez pas à nous contacter !

Portrait Camille

Camille Barbry est content manager et Cheffe de projet pour Change Factory. Cat lady invétérée et slasheuse de choc, elle aime s’occuper de son blog sur la pop-culture, est accro à Netflix et lit beaucoup de romans de science-fiction où tout se passe mal. 

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