Quelles tendances structurantes vont bouleverser les entreprises en 2021 ?

par | Fév 3, 2021 | Futur du travail, Innovation

2020, et cette constatation devient un mantra, a provoqué une accélération générale de certaines tendances dont les entreprises doivent s’emparer. Design, nouvelles modalités de travail et infrastructures posent autant de nouvelles règles dont il faut être conscient pour anticiper les challenges à venir. Voici 6 tendances structurantes à prendre en compte en 2021 :

 

La tendance de la co-création s’intensifie

 La co-création est une tendance existante ! Les marques cherchent depuis longtemps à créer plus de lien avec les consommateurs, ce qui est de plus en plus possible via les plateformes digitales.

La co-création brouille les limites entre créateurs et consommateurs et permet d’être plus innovant dans son process. Cette tendance permet de mettre en avant la créativité de personnes lambda. Le bénéfice final est que les marques ont l’opportunité en or de récolter des data toujours plus précises et de se placer au plus proche des besoins de leurs cibles.

Par exemple, elles peuvent commencer à designer un produit pour laisser les consommateurs et les utilisateurs le modifier comme ils le souhaitent. Une méthodologie qui s’apparente par ailleurs au Design Thinking par certains aspects. 

Pendant le confinement, ces exemples se sont multipliés via différentes campagnes et ont perduré au-delà. Par exemple, Carte Noir a invité ses utilisateurs à répéter une chorégraphie dans leurs stories Instagram ou Tiktok, avec pour but final d’offrir des cours de danse gratuits à des élèves. Une participation équivaut à un don. Nom de code de l’opération ? Carte Blanche ! Les consommateurs créaient donc leurs propres vidéos, en respectant les codes des réseaux sociaux choisis, pour ensuite les partager à leurs abonnés créant ainsi de la publicité organique, et gratuite à la marque, en échange d’une expérience valorisante pour les individus.

Des relations entre employeurs et employés qui mutent considérablement

 Le travail à distance et la pandémie ont revu les modes de travail et appliquent de nouvelles règles dans les relations professionnelles. La flexibilité est devenue une obligation, qui dans ce cadre pousse à redéfinir des éléments que l’on croyait immuables. Il y a 3 vecteurs identifiables :

  • Les travailleurs, notamment ceux qui ont expérimenté avec succès le télétravail.
  • Les employeurs, qui doivent mettre en place de nouvelles règlementations et adapter le matériel à ces nouvelles dynamiques.
  • Les gouvernements locaux, qui peuvent tenter d’attirer ces nouveaux travailleurs à distance.

Mais ce changement ne se fera que si trois grands challenges parviennent à être résolus au sein des structures :

  • La question de l’amélioration technique du matériel : la technologie déjà en place chez les particuliers n’est souvent pas assez puissante pour travailler de chez soi à long terme.
  • Le changement culturel : une transition culturelle est indispensable dans le cadre de cette nouvelle configuration relationnelle.
  • La rémunération des talents : comment rémunérer les compétences des personnes à distance ? Et cette rémunération doit-elle être en lien avec le niveau de vie des lieux où ils habitent ?
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La révolution du design

Nous sommes entrés dans un véritable paradis de l’interaction virtuelle ! Les écrans sont devenus nos nouvelles fenêtres sur le monde (à défaut des hublots d’avion). Nous devons nous questionner sur la façon dont les gens communiquent, mais aussi sur comment rendre leurs interactions aussi fluides et agréables que possibles. Dans cette situation, il est en effet bien plus complexe de reproduire les émotions ressenties dans le monde réel de manière virtuelle. Il y a donc une convergence qui est en train de se créer entre contenu et divertissement.

La mise en scène devient dès lors essentielle, surtout étant donné qu’une bonne partie du contenu est produit de chez soi. Il faut apprendre à mieux mettre à profit du matériel personnel, comme le ferait déjà un youtuber ou un blogueur. Il s’agit aussi de bien organiser son décor.

Il y a un questionnement central autour de ce que nous ressentons en ligne et de ce que nous pouvons expérimenter. L’absence de rencontres « in real life » fait perdre à notre quotidien de sa sérendipité. Face à ce quasi Far West numérique, nous pouvons cependant tester de nouveaux moyens d’entrer en contact avec d’autres audiences. Les exemples sont multiples : Alexandria Ocasio-Cortez a rendu visite à des votants directement dans Animal Crossing. Les communautés se rencontrent sur des forums virtuels comme Discord. Les stream les plus improbables apparaissent sur Twitch (comme nourrir des canards par exemple). Tout pour répondre à ce besoin d’évasion et de connexion humaine.

L’enjeu est de pouvoir recréer dans le virtuel les mêmes émotions qui existaient dans la vie réelle.

L’infrastructure liquide pour plus d’adaptabilité

L’année à venir implique une refonte de la façon dont les entreprises travaillent au quotidien. La logistique est devenue encore plus centrale, de même que la gestion des services : comment proposer le bon produit et le bon mode de livraison ? Comment assurer au consommateur une expérience optimale alors même que l’incertitude brouille toutes les boussoles ?

Une problématique d’autant plus épineuse qu’elle nécessite un équilibre fragile : le coût des services hors ligne a augmenté de manière exponentielle, poussant la relation entre coût et design à être repensée. Qu’est-ce qui importe le plus : le plaisir ou l’efficacité ? Il faut être capable de trouver le bon dosage pour proposer des services flexibles et adaptables.

Autre question : celle de créer une infrastructure plus responsable et plus respectueuse de l’environnement. Car la santé de notre planète est aussi importante que la nôtre.

infrastructure liquide

L’empathie au centre des interactions 

On en parlait déjà, la crise a amplifié le phénomène : de nombreux problèmes d’inégalités ont été mis en avant. Entre la charge mentale mal répartie entre les hommes et les femmes à qui revient encore presque exclusivement le rôle de materner tout en assurant sur Zoom, et la révélation d’inégalités sociales criantes liées aux conditions de logement et de connexion… C’est un vrai casse-tête pour les organisations qui sont mise face à ce qu’elles tentaient de reléguer sous le tapis jusque-là.

Ces dernières doivent repenser leurs schémas narratifs, qui sont parfois contradictoires avec ce qu’il se passe en interne. Des marques comme Bon Appétit ou L’Oréal ont ainsi subi un revers de médaille important après leur prise de position lors du mouvement Black Lives Matter, et s’échinent à rattraper le coup depuis.

La question : faut-il faire un choix entre profit et raison d’être ? Les entreprises doivent choisir avec soin quelles histoires elles souhaitent raconter et surtout, les accompagner d’actes concrets en rapport avec les valeurs prônées. Patagonia est par exemple une marque qui a su affirmer ses engagements et a toujours su bien les raconter. C’est avant tout une question d’empathie.

L’empathie est fondamentale pour créer un bon design qui soit inclusif. Désigner pour des personnes totalement différentes est très complexe, d’où l’importance de l’empathie dans des méthodologies comme le Design Thinking.

Rituels perdus et retrouvés 

Connaissez-vous les 3 événements les plus générateurs d’anxiété, d’après les psychologues ? Le licenciement, le deuil et le déménagement. Le point commun aux trois ? L’intensité et la rapidité du changement qu’ils entraînent sur la vie des personnes concernées. Avec la crise, les routines ont été profondément altérées, alors que c’est qui permet à l’être humain de se sentir en sécurité dans son quotidien. La perte des repères et des rituels structurants nous ont poussé à développer des stratégies d’adaptation, voire de survie. La santé mentale a pris une importance considérable, ce qui est visible avec le succès d’applications comme Calm, pour le sommeil, la méditation et la relaxation.

Les bouleversements impliquent la création de nouveaux rituels, comme la façon de fêter les anniversaires, Noël ou le premier de l’an… afin de faire face à la réalité de nos vies. C’est un moyen d’apporter de l’espoir dans le quotidien.

 

Les points saillants de ces tendances font transparaître un point commun : la nécessité de remettre l’humain, qu’il soit consommateur ou employé, au sein de l’ensemble de nos modes de pensée. L’année 2021 débute sur des bases fragiles qu’il faut renforcer pour être certain d’avoir la force mais surtout la flexibilité de s’adapter et de ressortir plus solides et agiles des épreuves et des défis.

Portrait Camille

Camille Barbry est content manager et Cheffe de projet pour Change Factory. Cat lady invétérée et slasheuse de choc, elle aime s’occuper de son blog sur la pop-culture, est accro à Netflix et lit beaucoup de romans de science-fiction où tout se passe mal. 

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