La formation à l’épreuve du distanciel

par | Mar 3, 2021 | Learning

L’apprentissage a dû revoir ses modalités en période de pandémie ! Mais les formations à distance sont bien différentes de celles en présentiel pour les apprenants comme pour les intervenants. Quel formateur n’a pas connu la solitude de devoir parler à une foule de caméras éteintes, avec seulement quelques motivés intervenant de temps à autre ? Le distanciel nécessite plus d’efforts dans bien des domaines malgré une apparente facilité.

C’est une période compliquée pour les organismes de formation, qui fondent leur force de frappe sur une masse salariale importante. La crise a rogné sur cette masse salariale, mettant en danger les entités les moins importantes et les indépendants. Mais ce n’est pas tout, beaucoup centraient leur apprentissage sur du présentiel, qui n’est plus possible qu’à de très rares occasions pour le moment. Les formateurs ont donc dû faire preuve d’adaptabilité pour générer un contenu distanciel qui puisse maintenir le lien avec les apprenants et repenser l’ensemble de leurs processus.

Un changement qui accentue une tendance déjà bien installée

Le distanciel n’est cependant pas une nouveauté. Des méthodes d’apprentissage mixtes existent depuis la démocratisation du web : learning management platform, apprentissage augmenté, blended learning… Autant de modalités qui impliquaient d’enrichir le présentiel via du numérique et du distanciel pour créer des programmes adaptables et flexibles. 

En effet, 39% des professionnels RH souhaitent développer la formation internet et 28% souhaitent développer la formation à distance. C’est donc aussi une opportunité de travailler de nouveaux modes d’apprentissage pour gagner de nouvelles parts de marché, d’accélérer sa transformation en incorporant plus de numérique et d’interactivité dans les formations.

Un contenu plus conséquent à produire 

Puisque les intéractions sont de facto réduites, il est déconseillé de transposer du contenu directement du présentiel vers le distanciel sans aucune adaptation au préalable. En effet, le présentiel est souvent trop descendant et vous utiliserez bien plus de contenu que prévu. En conséquence, il est plus intéressant pour vous de raccourcir la durée de vos sessions, sans compter que la fatigue est plus présente en distanciel et le manque de concentration peut vite se faire sentir.

L’interaction est plus laborieuse : entre les problèmes de micro, caméra et connexions faiblardes, il est plus difficile d’échanger naturellement à distance. Nous vous recommandons donc de réduire les groupes de formation, ou de faire des sous-groupes de travail, pour que chacun ait l’opportunité de participer et pour éviter les frustrations. Une fois de plus, l’idéal serait de raccourcir le séquençage des sessions de formation : pas plus de 3 heures pour éviter la perte d’attention.

télétravail et espace

Une problématique d’engagement ?

La question de l’engagement est essentielle face à une généralisation du distanciel à marche forcée. D’instinct, on serait tenté de penser que le distanciel ne garantit pas une participation active et qu’il est facile de perdre l’attention des apprenants. Après tout, la communication est souvent plus difficile : problèmes de connexion, de caméra…

C’est en réalité à nuancer. D’après le Research Institute of America, le taux de rétention de la formation en ligne se situe entre 25 et 65%. Cependant quand l’engagement est réussi, IBM a constaté que les étudiants apprennent cinq fois plus dans les cours en ligne à contenu multimédia que dans un cours traditionnel en face à face.

Le manque d’engagement n’est donc pas une fatalité, et il convient de renouveler ses méthodologies d’apprentissage pour être certain que les apprenants conservent la motivation de suivre les sessions de formation.

Comment maintenir l’attention ?

Mais pour que cet engagement soit maintenu, il convient d’utiliser des outils spécifiques. Ils sont nombreux à pouvoir effectuer ce type de mission et se sont beaucoup diversifiés ces dernières années. Vous pouvez tout à fait mêler évaluation et interactivité au sein de la formation en proposant des quizs ou des exercices d’auto-évaluation. En faisant régulièrement participer vos apprenants.

Vous pouvez parfaitement brainstormer avec des tableaux en ligne comme Miro. Nous avons par ailleurs tout un article sur les outils consacrés au distanciel. D’autres logiciels comme Klaxoon ou Slido permettent de proposer des quizs et des questions en ligne. Ce sont des outils ludiques qui apportent une vraie valeur ajoutée aux formations proposées.

La formation à distance obéit donc à des modalités spécifiques. Pour optimiser son efficacité, plusieurs méthodologies peuvent être appliquées :

  • Changer son contenu pour renforcer ses aspects ludiques et interactifs
  • Raccourcir les sessions pour les adapter à la fatigue et une interaction moins naturelle
  • Varier les supports pour tirer le meilleur parti des différentes modalités d’apprentissages
  • S’aider d’outils dédiés pour garantir l’attention et l’intérêt tout au long de la formation

Mais le distanciel n’est qu’un élément parmi toutes les tendances que nous avons identifiées dans notre livre blanc sur le sujet.

Portrait Camille

Camille Barbry est content manager et Cheffe de projet pour Change Factory. Cat lady invétérée et slasheuse de choc, elle aime s’occuper de son blog sur la pop-culture, est accro à Netflix et lit beaucoup de romans de science-fiction où tout se passe mal.